Cinq mois après avoir perdu son compagnon de route et de musique, Mariam est remontée sur scène. Le 6 septembre, la chanteuse malienne a choisi la Cité internationale de la langue française, à Villers-Cotterêts, pour ce premier concert sans Amadou Bagayoko, disparu en avril 2025 à l’âge de 70 ans. Entourée de son fils et de ses musiciens de toujours, elle a livré une performance à la fois intime et bouleversante, comme une promesse tenue à son mari : celle de continuer à faire vivre leur musique.
Un Duo devenu Légende
L’histoire d’Amadou & Mariam commence il y a plus de quarante ans à Bamako, à l’Institut des Jeunes Aveugles. De cette rencontre est né un duo inséparable, à la ville comme à la scène. Leurs premières cassettes, enregistrées dans les années 1980 à Abidjan, circulent dans toute l’Afrique de l’Ouest avant de séduire l’Europe avec Sou Ni Tilé en 1998. Portés par des titres comme Je pense à toi, Mon amour, ma chérie ou encore Sabali, et par l’album culte Dimanche à Bamako produit par Manu Chao, ils s’imposent comme des ambassadeurs de la musique malienne à l’échelle internationale.

Une Scène sans Amadou
Le décès d’Amadou, inhumé à Bamako en avril, a marqué la fin d’une époque. Pourtant, Mariam n’a pas cédé au silence. Ce retour en solo n’était pas qu’un simple concert, mais un acte de résilience. « C’est la première fois que je monte sur scène sans mon mari. Je suis vraiment un peu stressée, mais comme mon fils est à côté de moi, ça me donne du courage », a-t-elle confié. Soutenue par ses proches et par un public ému, Mariam a prouvé qu’une carrière façonnée à deux peut se prolonger dans la continuité, sans renier la mémoire de l’autre.
L’Amour à La folie Comme héritage
Ce concert s’inscrit dans une nouvelle étape artistique : la sortie, prévue pour l’automne 2025, d’un album intitulé L’Amour à la folie, accompagné d’un documentaire diffusé sur Netflix. Ce projet, mûri avant la disparition d’Amadou, devient aujourd’hui le symbole d’une transmission : un hommage vibrant qui mêle fidélité au passé et ouverture vers l’avenir.
Un Message Universel
Au-delà de l’hommage personnel, le retour de Mariam a une portée plus large. Il rappelle la place centrale des artistes africains dans la dynamique culturelle et économique du continent. En choisissant la scène comme terrain de renaissance, Mariam transmet un message de courage et de persévérance, particulièrement inspirant pour les jeunes générations : la perte, aussi déchirante soit-elle, peut être transformée en énergie créatrice.
En se tenant seule sous les projecteurs, Mariam n’a pas seulement chanté pour Amadou. Elle a chanté pour tous ceux qui, face au deuil, choisissent de continuer. Ce retour incarne la puissance de la musique comme refuge, mémoire et moteur de vie. Plus qu’un concert, il marque la naissance d’un nouveau chapitre : celui d’une femme « toujours courageuse », qui prouve que l’amour et l’art survivent à l’absence.

