Sous les pluies chaudes de novembre, l’île de Mayotte retrouve ses reflets verts… et ses moustiques. Dans les bidons, les pneus ou les ravines gonflées par la saison des pluies, le bourdonnement du danger renaît. L’Agence régionale de santé (ARS) tire la sonnette d’alarme : le chikungunya n’a pas disparu, il pourrait même revenir plus fort.
Quand la Pluie réveille les Moustiques
Les averses récentes ont redonné vie à une nature étouffée par la sécheresse — et à ses habitants les plus redoutés : les moustiques Aedes albopictus.
Dans les villages, on les voit tournoyer au-dessus des flaques, se glissant dans le moindre récipient oublié.
« Avec le retour des pluies, la présence accrue d’eau stagnante et les températures élevées créent un contexte particulièrement favorable à la reproduction des moustiques », alerte la Direction de la santé publique.
Le virus circule toujours, « à bas bruit », depuis la grande épidémie du printemps 2025. Plus de 1 200 cas, dont 40 hospitalisations, avaient alors été recensés. Aujourd’hui, les autorités craignent une reprise de la transmission dans les prochaines semaines.
Un Danger qui Dépasse les Frontières
À Mayotte, la crainte n’est pas isolée.
Dans l’ensemble de la région, les chiffres donnent le vertige : 54 550 cas enregistrés à La Réunion cette année, et plus de 600 cas autochtones en métropole depuis mai 2025 — du jamais vu.
Les liaisons fréquentes entre Mayotte, La Réunion et la France hexagonale augmentent les risques d’importation du virus.« Le virus voyage avec nous », rappelle un épidémiologiste de l’ARS.
Et dans un monde aussi mobile, la vigilance devient une responsabilité partagée.
La Riposte s’organise sur le Terrain
Face à la menace, la mobilisation s’intensifie. Dans le nord de l’île, l’opération « Novembre vert » s’étend de Majikavo à Acoua : ramassage de pneus, vidage de bidons, nettoyage des ravines. Sur les murs des écoles, dans les dispensaires, une même phrase résonne : « Pas d’eau stagnante, pas de moustiques. »
Les habitants, eux, sont en première ligne. « Les coupelles de pots de fleurs, les jouets oubliés dehors, les bassines pleines d’eau… tout cela devient un nid à moustiques », explique un agent communal.
Car le danger ne vient pas de loin : le moustique vit à moins de 100 mètres de son lieu de ponte. Le combat commence donc au seuil de chaque maison.
Des Moyens sanitaires plus Réactifs
Le Centre hospitalier de Mayotte (CHM) reste en alerte. Les protocoles établis lors de la précédente vague sont toujours actifs, avec un plan d’urgence prêt à être déclenché.
Grande avancée cette année : les analyses sont désormais réalisées sur place. Le laboratoire Biogroup effectue les tests PCR et sérologiques directement à Mayotte.
Les délais d’analyse sont considérablement réduits, ce qui renforce la réactivité et l’efficacité de la réponse sanitaire.
Direction de l’ARS
Grâce à cette rapidité, les équipes de lutte antivectorielle peuvent intervenir dès la détection d’un foyer, pulvérisant les zones à risque et détruisant les gîtes larvaires avant qu’ils ne prolifèrent.
Un ennemi Invisible mais Évitable
Le chikungunya provoque fièvre, douleurs articulaires et éruptions cutanées. Rarement mortel, il peut néanmoins laisser des séquelles douloureuses pendant des mois.
Mais l’arme la plus puissante reste simple : la prévention.
Vider les récipients, couvrir les réserves d’eau, porter des vêtements longs, se protéger des piqûres, consulter rapidement en cas de symptômes.
