Alors que l’année 2026 débute, le bilan sécuritaire de l’année écoulée confirme une tendance lourde : l’Afrique demeure le principal champ de bataille du terrorisme mondial. L’Indice Mondial du Terrorisme (GTI) 2025 met en lumière une concentration des violences dans des régions déjà fragilisées par l’instabilité politique, la faiblesse de la gouvernance et les conflits pour l’accès aux ressources.
Le Sahel et l’Afrique de l’Ouest : L’Instabilité Politique comme Terreau
La région du Sahel reste l’épicentre de la crise. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, toujours sous régimes militaires après une série de coups d’État, continuent de subir la pression des groupes djihadistes. L’instabilité menace de s’étendre vers le littoral, comme en témoigne la tentative de coup d’État déjouée de justesse au Bénin en janvier 2026.
Dans le bassin du lac Tchad, le Nigeria et le Cameroun luttent toujours contre la résilience de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Signe de l’inquiétude internationale grandissante, les États-Unis ont mené des frappes aériennes ciblées au Nigeria en 2025, un pays désormais classé comme « préoccupation particulière » par Washington.
La Guerre des Ressources et les Conflits Périphériques
Au-delà de l’idéologie, c’est l’économie de guerre qui alimente le terrorisme en Afrique centrale et australe.
- RDC : À l’est de la République Démocratique du Congo, la violence est intrinsèquement liée aux richesses du sous-sol. Les groupes armés exploitent l’or, le cobalt et le coltan pour financer leurs opérations, transformant le bassin du Congo en zone de non-droit.
- Mozambique : L’insurrection de Cabo Delgado continue de perturber les mégaprojets gaziers et les routes commerciales.
Corne de l’Afrique et Nord : La Menace Persistante
À l’est, la Somalie démontre les limites des efforts antiterroristes actuels, avec un groupe Al-Shabaab capable de maintenir des attaques à fort impact. Parallèlement, le conflit au Soudan agit comme un déstabilisateur régional majeur, créant un vide sécuritaire propice à l’expansion des réseaux extrémistes vers l’Afrique du Nord et de l’Est.
Le GTI 2025 dresse le portrait d’un continent où le terrorisme n’est pas seulement une question religieuse, mais le symptôme d’une crise de gouvernance et d’une compétition féroce pour les ressources.