À quelques pas des pyramides, le Grand Musée égyptien ouvre enfin ses portes. Chaque salle, chaque vitrine plonge le visiteur au cœur de l’histoire des pharaons, là où les trésors millénaires dialoguent avec la technologie moderne pour raconter l’Égypte comme jamais auparavant.
Une ouverture Historique au Pied des pyramides
Après deux décennies d’attente et de reports, le Grand Musée Égyptien (GEM) vient d’ouvrir ses portes sur le plateau de Gizeh. Un projet titanesque, estimé à plus d’un milliard de dollars, qui ambitionne de faire du Caire le nouveau cœur battant de l’égyptologie mondiale.
Érigé sur près de 500 000 m², le bâtiment de pierre et de verre s’impose face aux pyramides comme un dialogue entre passé et modernité. Soutenu financièrement par le Japon, ce musée n’est pas seulement un lieu de mémoire : c’est une vitrine géopolitique et culturelle, symbole du renouveau égyptien.
Un Rêve de Trente ans devenu Réalité
Conçu dès 1992, le projet a traversé instabilité politique, crises économiques et révolutions avant de voir le jour. L’inauguration officielle, le 1er novembre 2025, a réuni 80 délégations étrangères, chefs d’État et monarques confondus.
« Nous avons rêvé de ce moment, parfois douté qu’il arriverait », confiait le Premier ministre Mostafa Madbouly. Et pour cause : le musée a mobilisé plus de 10 000 travailleurs sur deux décennies, un record dans l’histoire culturelle moderne du pays.
Dès les premières heures, les visiteurs ont pu admirer la statue colossale de Ramsès II, haute de 11 mètres, accueillant le public dans un atrium baigné de lumière. Un symbole fort : celui d’une Égypte qui se redresse, fière de son héritage millénaire.

Toutânkhamon superstar et Immersion pharaonique
Le GEM abrite plus de 100 000 artefacts, dont la moitié sera exposée au public. Mais l’attraction majeure demeure le trésor de Toutânkhamon, composé de 5 000 objets funéraires réunis pour la première fois depuis leur découverte.
Les visiteurs pourront également observer la restauration de la barque solaire de Khéops, vieille de 4 500 ans, visible à travers une immense baie vitrée.
Contrairement à l’ancien Musée du Caire, aujourd’hui saturé et désuet, le GEM propose une expérience muséale immersive : éclairage de précision, expositions en réalité virtuelle, galeries thématiques et même un musée pour enfants.
« Nous parlons le langage de la génération Z », explique Ahmed Ghoneim, directeur du musée. « Elle préfère la technologie à l’étiquette, l’expérience à la contemplation. »
Un pari audacieux : celui de faire dialoguer la mémoire antique et l’ère numérique.

Un Pari économique Autant que Culturel
Au-delà du prestige, le Grand Musée Égyptien s’impose comme un levier économique stratégique. Le tourisme représente plus de 10 % du PIB égyptien, un pilier vital pour la deuxième économie d’Afrique. Après la pandémie et des années d’instabilité, l’Égypte a accueilli 15,7 millions de touristes en 2024, et vise 30 millions d’ici 2032.
Le gouvernement espère que le GEM attirera jusqu’à 15 000 visiteurs par jour, soit 5 millions supplémentaires chaque année.
Ce projet s’inscrit dans un plan global d’aménagement du nord-est du Caire, incluant le Sphinx Airport, de nouveaux hôtels, restaurants et zones commerciales. Objectif : faire de Gizeh une destination culturelle complète, compétitive face à Paris, Rome ou Athènes.
L’Égypte doit redevenir le centre mondial de l’égyptologie. Il n’est plus acceptable que les grandes conférences internationales se tiennent ailleurs.
Sherif Fathi, ministre du Tourisme
Un Cadeau de l’Égypte au Monde
Au-delà des chiffres, le Grand Musée Égyptien marque la réappropriation d’un patrimoine souvent dispersé à travers les musées occidentaux.
C’est aussi un geste symbolique : celui d’une nation qui revendique sa place dans le dialogue culturel mondial.
« Le monde entier attendait cette ouverture », résume Hassan Allam, PDG du groupe chargé du site. Et pour cause : dans le désert de Gizeh, l’Égypte offre bien plus qu’un musée. Elle raconte sa propre renaissance.
