En pleine haute saison, alors que l’île de Nosy Be connaît une forte affluence de visiteurs, le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat a tiré la sonnette d’alarme. L’objet de cette mobilisation n’est pas anodin : il s’agit des risques d’intoxications alimentaires. Pour un analyste économique, cette initiative, relayée par une note officielle, n’est pas une simple mesure de santé publique. C’est une opération préventive de gestion de crise destinée à protéger l’un des actifs économiques les plus importants de Madagascar : la réputation de sa principale destination touristique.
La réputation, actif n°1 de la « vitrine » malgache
Le ministère le souligne implicitement : Nosy Be est la « vitrine du tourisme malgache ». Ce statut confère à l’île une responsabilité immense. Tout incident sanitaire grave pourrait non seulement « nuire à la santé des visiteurs », mais aussi et surtout « à la réputation de la destination ». Dans une économie mondialisée du tourisme où l’information circule instantanément, la réputation est un capital. Une crise de confiance pourrait avoir des répercussions dévastatrices et durables, bien au-delà de l’île elle-même. L’alerte actuelle est donc une manœuvre pour protéger cet actif immatériel, mais économiquement vital.
Une offensive pour professionnaliser le secteur
L’appel des autorités est clair et direct. Elles invitent les restaurateurs et prestataires touristiques à « redoubler de prudence » sur la qualité des produits servis. L’accent est mis sur des points techniques précis : la conservation, la préparation et l’hygiène des denrées, ainsi que la sensibilisation du personnel aux bonnes pratiques. Cette démarche s’apparente à une volonté de standardisation par le haut de toute la chaîne de valeur touristique locale. Il s’agit d’une tentative de professionnaliser le secteur pour s’assurer que l’expérience client soit irréprochable du point de vue de la sécurité, ce qui est le fondement de toute industrie de services.
Le « tourisme fiable », un produit à haute valeur ajoutée
L’objectif affiché par le ministère est double : « garantir la sécurité sanitaire des clients, tout en valorisant l’image d’un tourisme responsable et fiable ». Le mot « fiable » est économiquement puissant. Il signifie prévisibilité et absence de risque pour le consommateur. En s’assurant que Nosy Be est une destination sûre, les autorités ne font pas que prévenir une crise ; elles construisent activement une marque plus forte et plus attractive. Un tourisme « fiable » est un produit premium qui peut justifier des tarifs plus élevés et attirer une clientèle plus exigeante, générant ainsi plus de valeur pour l’économie locale.
Protéger les visiteurs pour pérenniser l’économie
En définitive, la conclusion du ministère résume parfaitement la logique économique à l’œuvre : « protéger les visiteurs, c’est aussi protéger l’avenir touristique de la destination ». Cette mobilisation collective, appuyée par une offre d’accompagnement technique de la part des autorités, est un investissement dans la durabilité du modèle touristique de l’île. Chaque repas servi en toute sécurité n’est pas seulement un client satisfait ; c’est une brique de plus dans l’édifice de la confiance, le seul qui puisse garantir la prospérité à long terme de Nosy Be.

