Avec 90 % de ses espèces endémiques, Madagascar est une véritable Arche de Noé. Mais la déforestation progresse rapidement, alimentée par l’agriculture sur brûlis, l’exploitation illégale et la pression démographique. Cinq zones apparaissent comme des hotspots critiques, révélateurs des défis à venir pour l’île rouge.
1. La Région de Sava : le cacao au prix des forêts
Berceau de la vanille et du cacao, la région Sava voit ses forêts primaires reculer sous la pression agricole. Le commerce mondial tire la production, mais fragilise les écosystèmes forestiers et menace des espèces uniques comme les lémuriens.
2. Menabe : le front de la déforestation accélérée
À l’ouest de l’île, Menabe est devenu le symbole de la déforestation. Le « Menabe Antimena », autrefois réserve de biodiversité, est aujourd’hui grignoté par les cultures de maïs et d’arachide, avec des pertes estimées à plusieurs milliers d’hectares par an.
3. Atsimo-Andrefana : charbon de bois et survie
Dans cette région aride du Sud-Ouest, la coupe de bois pour produire du charbon de bois est une activité de subsistance. La pression sur les forêts sèches, déjà fragiles, entraîne un appauvrissement écologique dramatique.
4. Masoala : entre parc national et exploitation illégale
Masoala, plus grande aire protégée de Madagascar, est pourtant menacée par l’exploitation illégale de bois précieux, notamment le palissandre. La déforestation clandestine s’y fait souvent au mépris des lois et de la conservation.
5. Anosy : l’ombre des grands projets miniers
Au Sud-Est, les projets miniers de grande envergure accélèrent la perte de couvert forestier. La région Anosy illustre le dilemme entre développement économique et préservation de la biodiversité exceptionnelle.
Une Île Rouge, un Avenir Vert ?
Ces cinq zones ne sont pas seulement des lieux de déforestation : elles représentent des choix stratégiques pour Madagascar. Faut-il sacrifier la biodiversité pour le court terme économique ? Ou inventer un modèle où agriculture, énergie et exploitation minière coexistent avec la conservation ? L’île rouge joue là une partie décisive de son avenir — et de celui de la planète.
