Antananarivo, 1er décembre – 15h35.
Le dernier Global Talent Competitiveness Index (GTCI) 2025, publié par l’Insead et l’Institut Portulans, dresse un constat préoccupant pour Madagascar. Sur les 135 pays évalués, la Grande Île ne se hisse qu’à la 131ᵉ place, figurant ainsi parmi les cinq environnements les moins attractifs au monde pour les talents. En Afrique, la tendance se confirme : le pays occupe le 32ᵉ rang sur 35.
Un classement qui s’inscrit dans un contexte continental difficile, puisque l’Afrique subsaharienne demeure la région la moins performante avec un score moyen de 30,8 points. Mais Madagascar se situe encore en dessous de cette moyenne, révélant des défis plus profonds que ceux rencontrés par ses voisins. À titre de comparaison, l’Île Maurice et les Seychelles dominent le classement africain (49ᵉ et 50ᵉ mondiaux), illustrant l’écart qui se creuse entre les économies insulaires de la région.
Des Lacunes structurelles Persistantes
Le GTCI s’articule autour de plusieurs dimensions clés :
- Faciliter l’accès au marché du travail,
- Attirer les talents,
- Développer les compétences,
- Retenir les profils qualifiés.
Sur l’ensemble de ces piliers, Madagascar obtient des scores faibles, révélant un environnement peu propice à l’émergence et à la consolidation du capital humain.
Les causes sont multiples :
- Réglementation du travail rigide et peu incitative,
- Investissements encore insuffisants dans l’innovation et les technologies,
- Opportunités de carrière limitées, notamment pour les jeunes diplômés,
- Fuite des talents qualifiés, attirés par des marchés régionaux plus dynamiques.
Ces contraintes freinent non seulement l’attractivité du pays, mais aussi sa capacité à développer les compétences nécessaires pour s’insérer dans l’économie mondiale moderne.
Un appel à Repenser les priorités Nationales
La position de Madagascar dans ce classement ne constitue pas seulement une statistique : elle souligne une urgence stratégique. Pour améliorer sa compétitivité, plusieurs pistes se dessinent :
- Renforcer l’environnement des affaires, pour encourager l’investissement privé et l’innovation ;
- Simplifier les réglementations, notamment en matière d’emploi et de création d’entreprise ;
- Accélérer la transformation numérique, à travers une meilleure formation aux compétences technologiques ;
- Créer des conditions d’emploi favorables afin de retenir les talents locaux et limiter l’exode professionnel.
L’enjeu dépasse la performance économique : il touche à la place future du pays dans la course mondiale au capital humain, un moteur essentiel du développement durable et de la croissance inclusive.
