En 2025, l’Afrique du Sud a envoyé un message clair aux marchés : le géant n’est pas tombé. Au contraire, il consolide sa position de leader économique continental, cumulant puissance macroéconomique et concentration record de richesses privées. Selon les dernières données de Statista et du FMI, le pays affiche un PIB estimé à 410 milliards de dollars, devançant l’Égypte (347 Mds $) et creusant l’écart avec le Nigeria (188 Mds $), plombé par la dévaluation de sa monnaie.
La Suisse de l’Afrique ?
Au-delà du PIB, c’est la profondeur de la richesse qui impressionne. Le rapport Africa Wealth Report 2025 de Henley & Partners révèle que l’Afrique du Sud abrite 41 100 millionnaires (en dollars) et 8 milliardaires. C’est plus du double de l’Égypte et quatre fois plus que le Nigeria. Une tendance lourde se dessine : la « semigration » des ultra-riches vers le Cap. La « Cité Mère » dépasse désormais Johannesburg en nombre de centi-millionnaires (patrimoine > 100M $), attirés par un cadre de vie exceptionnel et une gouvernance locale jugée efficace. Le district de Black River à Maurice et la Whale Coast sud-africaine figurent parmi les zones de richesse à la croissance la plus rapide (+50% à +105% sur dix ans).
Les Moteurs de la Reprise : Ports, Rails et Call Centers
Ce retour de confiance n’est pas un hasard. Il est le fruit de réformes structurelles douloureuses mais payantes :
- Fin des Délestages : Le gouvernement souligne une accalmie énergétique inédite (plus de 5 mois sans coupures), grâce à l’apport du privé et des renouvelables.
- Logistique : La restructuration de Transnet et l’ouverture du rail fret au privé commencent à désengorger les ports, vitaux pour les exportations minières.
- L’Arme Secrète du BPO : L’Afrique du Sud s’est imposée en 2025 comme une destination mondiale majeure pour l’externalisation (centres d’appels, services IT), créant des milliers d’emplois jeunes et anglophones.
Un Soutien International Massif
Les institutions valident cette trajectoire. La Banque Mondiale vient d’approuver un prêt historique de 925 millions de dollars pour soutenir les huit plus grandes métropoles du pays (Johannesburg, Le Cap, eThekwini…). Ce programme « Metro Trading Services » vise à moderniser les infrastructures urbaines critiques (eau, déchets, électricité) qui supportent 85% de l’activité économique nationale. Certes, le chômage reste un défi colossal, mais il recule enfin : 31,9% au troisième trimestre 2025, une baisse de 1,3 point. Si la route est encore longue pour résorber les inégalités, l’Afrique du Sud prouve en 2025 qu’elle reste la porte d’entrée incontournable des capitaux en Afrique, alliant infrastructures de classe mondiale et marchés financiers sophistiqués.

