L’ambitieux objectif du Rwanda d’électrifier 20% de sa flotte de bus d’ici 2030 nécessitera des investissements massifs dans son infrastructure énergétique et des cadres politiques clairs. C’est la principale conclusion d’un nouveau rapport de la Banque Mondiale, publié ce mercredi 1er octobre, qui analyse les conditions de réussite de cette transition déjà amorcée à Kigali par des opérateurs privés.
Le rapport, intitulé « Exploring Enabling Energy Frameworks for Electric Mobility in Rwanda », met en garde contre la pression que cette transition exercera sur le réseau électrique national. Les projections indiquent que la demande de pointe à Kigali pourrait déjà augmenter de 64% d’ici 2030, sans même compter les véhicules électriques. « L’ajout de l’e-mobilité mettra davantage le système à rude épreuve », prévient l’étude.
La mobilité électrique ne concerne pas seulement des bus plus propres. Il s’agit de construire les fondations d’une économie moderne alimentée par une énergie durable. — Sahr Kpundeh, Directeur Pays, Banque Mondiale pour le Rwanda
Pour contrer ce risque, la Banque Mondiale préconise plusieurs solutions, au premier rang desquelles la « recharge intelligente » (smart charging). Cette technique, qui consiste à décaler la recharge des bus pendant les heures creuses et à l’aligner sur la production solaire, pourrait réduire la pression sur le réseau jusqu’à 15%. Le rapport cite le projet de transformation du hub de transport de Nyabugogo comme un cas d’école, avec un investissement estimé à 7,7 millions de dollars pour des chargeurs, des panneaux solaires et des batteries de stockage.
Le gouvernement rwandais a salué ces recommandations, rappelant par la voix de son ministre des Infrastructures, Jimmy Gasore, son « engagement à accélérer la transition vers la mobilité électrique ». Le ministère a déjà rédigé un plan directeur national pour les stations de recharge, visant à garantir qu’aucun véhicule ne parcoure plus de 50 kilomètres sans accès à un chargeur. Le rapport souligne également la nécessité de mettre en place des cadres de financement innovants (obligations vertes, PPP) et une réglementation pour la gestion et le recyclage des batteries usagées.
