Le sommet des dirigeants de la SADC, qui s’est achevé dimanche à Antananarivo, restera comme un moment charnière pour l’avenir économique de l’Afrique Australe. Qualifié d' »historique » par le président malgache Andry Rajoelina, nouveau président en exercice du bloc, l’événement a été le théâtre d’une déclaration d’ambition forte et unifiée : transformer la région en une véritable puissance manufacturière.
Une feuille de route claire et intégrée
Loin d’être un vœu pieux, l’objectif de faire passer la part de l’industrie de 11% à 30% du PIB régional d’ici 2030 s’appuie sur une stratégie claire. Le thème du sommet, « Faire progresser l’industrialisation, la transformation de l’agriculture et la transition énergétique pour une SADC résiliente », dessine une feuille de route cohérente. Les dirigeants ont compris que ces trois piliers sont interdépendants : une agriculture modernisée fournira les matières premières, une transition énergétique réussie alimentera les usines, et l’industrialisation créera la valeur ajoutée et les emplois pour toute la région.
Un objectif ambitieux, moteur de réformes
Certes, l’écart entre la situation actuelle et la cible de 2030 est important. Mais cet objectif audacieux doit être vu comme un puissant catalyseur. En fixant un cap aussi clair, la SADC se dote d’une « étoile du Nord » qui guidera les politiques nationales, mobilisera les énergies et créera un appel d’air pour les investissements privés. C’est un signal de confiance envoyé au monde : l’Afrique Australe est prête à opérer les réformes nécessaires pour devenir un hub de production compétitif.
Madagascar, porte-drapeau d’un nouvel élan
Le fait que cette vision soit portée depuis Antananarivo, qui accueillait le sommet pour la première fois en vingt ans d’adhésion, est un symbole fort. Sous la présidence malgache, la SADC affiche un visage renouvelé et une volonté de mettre en œuvre une intégration régionale concrète, centrée sur des projets de développement tangibles. L’appel du président Rajoelina à « accélérer l’industrialisation et à étendre le commerce intra-régional » n’est pas seulement un discours ; c’est le point de départ d’une nouvelle dynamique prometteuse pour des millions de citoyens de l’Afrique Australe.

