En cette fin d’année, l’Afrique fait face à une conjonction rare et inquiétante. L’Éthiopie a confirmé son premier foyer de virus Marburg, un cousin redouté d’Ebola, tandis que le choléra progresse à un rythme inédit depuis 25 ans dans plusieurs pays du continent.
Chaque crise serait déjà un défi colossal pour n’importe quel système de santé. Mais combinées, elles révèlent une fragilité profonde et généralisée. Dans les villages éthiopiens proches de la frontière avec le Soudan du Sud, la peur est palpable. Les familles vivent dans l’angoisse, incapables de se protéger face à un virus hautement contagieux et souvent fatal. L’OMS et le CDC Afrique ont déployé des équipes pour installer des unités d’isolement et fournir des équipements de protection, mais la tâche reste titanesque.
Le choléra, Fléau ancien et Persistant
À des milliers de kilomètres, le choléra dévaste des communautés de l’Angola au Mozambique. L’eau contaminée alimente une épidémie qui a déjà touché des milliers de personnes et causé des centaines de décès. Les conditions climatiques — inondations, sécheresses, déplacements massifs de population — aggravent la propagation. Les hôpitaux débordent, et chaque patient supplémentaire est un défi logistique et humain. Pour de nombreuses familles, se procurer de l’eau potable ou accéder à des soins de base est devenu un combat quotidien.
Les Facteurs qui Rendent la lutte Si difficile
Ces crises mettent en lumière plus que les maladies elles-mêmes. Elles exposent les faiblesses structurelles : hôpitaux saturés, détection tardive, manque d’équipements et de personnel. Les populations vulnérables — déplacées, surpeuplées ou marginalisées — sont les premières à souffrir.
À cela s’ajoutent les pressions climatiques, la croissance urbaine rapide et la mobilité transfrontalière. Les maladies se propagent plus vite, et les réponses locales sont souvent trop lentes ou mal coordonnées pour contenir la progression.
Le coût Humain derrière les Chiffres
Chaque chiffre officiel représente une vie. Des enfants privés d’école, des familles qui perdent leur revenu quotidien, des villages entiers en quarantaine : la pandémie de choléra et la flambée du Marburg laissent des cicatrices profondes. Les soignants, eux, continuent de risquer leur vie pour sauver les autres, souvent sans les protections adéquates. La peur, la stigmatisation et la détresse économique viennent s’ajouter à la charge émotionnelle.
Un Avertissement pour les Gouvernements et la Communauté internationale
Pour les États africains, faire face à une épidémie est déjà un défi de taille. En affronter deux simultanément met à l’épreuve les ressources financières, logistiques et humaines. Ces crises rappellent qu’investir dans la prévention, dans les infrastructures sanitaires, l’eau et l’assainissement n’est pas une option : c’est une urgence. Soutenir les travailleurs de première ligne n’est pas seulement un acte humanitaire, c’est une nécessité stratégique.
Vers un Changement Durable ?
Si la pandémie de COVID-19 a montré que même les systèmes les plus solides pouvaient être débordés, les crises actuelles soulignent que la fragilité est encore plus marquée en Afrique. Renforcer la formation des soignants, améliorer l’accès à l’eau potable, moderniser les hôpitaux ruraux, sensibiliser les populations aux mesures sanitaires : ce sont autant de leviers pour éviter que des drames humains se reproduisent.
L’Urgence d’agir Maintenant
Les crises de Marburg et du choléra sont un signal clair : les maladies évitables peuvent rapidement devenir des catastrophes lorsqu’elles frappent des systèmes fragiles. Les gouvernements, les ONG et les partenaires internationaux doivent agir en coordination, et vite. Derrière les statistiques, ce sont des vies humaines qui sont en jeu — et la planète entière est concernée par la sécurité sanitaire d’un continent en pleine mutation.

