La cérémonie organisée par la ministre du Développement numérique en l’honneur de l’équipe SakaITany est bien plus qu’une simple reconnaissance protocolaire. La remise d’une enveloppe de 23 millions d’ariary à ces quatre étudiantes, finalistes de la Pan-African Robotics Competition (PARC) 2025, est un acte à la signification économique profonde. Il s’agit d’un signal clair envoyé par le gouvernement : l’avenir de Madagascar se construira sur son capital humain, et plus précisément sur ses compétences dans les technologies de pointe comme l’intelligence artificielle et la robotique.
Un investissement stratégique contre la « fuite des cerveaux »
D’un point de vue purement économique, les 23 millions d’ariary ne sont pas une dépense, mais un investissement à haut rendement. En honorant publiquement Dihariniaina, I Ilo, Johanness et Misandratra, l’État malgache ne fait pas que récompenser un exploit passé ; il investit dans son avenir. C’est une manœuvre stratégique pour lutter contre la « fuite des cerveaux ». En montrant à ses talents les plus prometteurs qu’ils sont valorisés et qu’une carrière est possible sur le sol national, le gouvernement pose un jalon pour retenir les compétences qui seront demain les piliers de son économie numérique. Chaque Ariary dépensé pour retenir un ingénieur ou un chercheur est un Ariary investi dans la souveraineté technologique du pays.
Le « dividende féminin », un puissant levier de croissance
Le fait que l’équipe soit 100 % féminine n’est pas un détail, c’est un multiplicateur de valeur économique. Ces quatre lauréates sont la preuve vivante que Madagascar commence à puiser dans la totalité de son vivier de talents. Pour les économistes, l’intégration des femmes dans les filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) n’est pas qu’une question de parité, c’est un impératif de croissance. En devenant des « symboles forts de l’émergence des femmes dans la robotique et l’intelligence artificielle », elles ouvrent la voie à des milliers d’autres, activant un « dividende féminin » qui promet d’accélérer l’innovation et la compétitivité du pays.
LIAM, vitrine d’un écosystème tech en devenir
L’origine de ces étudiantes, le Laboratoire d’Intelligence Artificielle de Madagascar (LIAM), est également un enseignement clé. Leur succès continental met un coup de projecteur sur cette institution et la positionne comme une pépinière d’excellence. Pour attirer les investissements étrangers dans la tech, un pays a besoin de plus que des incitations fiscales ; il a besoin de vitrines crédibles. La troisième place de SakaITany à la PARC 2025 est une campagne de marketing inestimable pour le LIAM et pour l’écosystème numérique malgache dans son ensemble. Elle prouve aux potentiels partenaires internationaux qu’il existe à Madagascar une base de compétences de haut niveau sur laquelle bâtir.
Plus qu’un symbole, une preuve de concept économique
En fin de compte, la performance de SakaITany est une « preuve de concept ». Elle démontre que Madagascar a la capacité de former des talents capables de rivaliser sur la scène africaine dans des domaines d’avenir. La ministre a salué leur exploit comme une « avancée majeure pour l’innovation malgache », mais c’est aussi une avancée pour le « produit Madagascar ». Ces jeunes femmes ne sont pas seulement une source de fierté nationale ; elles sont la personnification d’un nouvel axe de développement, une promesse de diversification économique basée non plus uniquement sur les ressources naturelles, mais sur l’intelligence et la créativité de sa jeunesse.
