L’approbation par le Conseil des ministres du cadre d’un nouveau programme de 100 millions de dollars de la Banque mondiale pour la Jirama est un signal fort. Mais l’essentiel n’est pas le montant, c’est la méthode. En adoptant le dispositif « Program for Results » (PforR), les partenaires financiers de Madagascar actent un changement de paradigme radical. L’ère des subventions pour combler les déficits est révolue ; place à une ère où chaque dollar décaissé devra être mérité par des résultats tangibles.
Le principe choc : lier décaissements et résultats
La mécanique du PforR est une petite révolution pour une entreprise d’État comme la Jirama, habituée aux perfusions financières. Le principe lie directement les décaissements de fonds à l’atteinte de résultats mesurables, définis en amont par la compagnie et l’État malgache. C’est une approche qui impose une discipline de fer et met l’accent sur la « redevabilité et l’efficacité de l’exécution ». En clair, la Banque Mondiale ne financera plus des promesses, mais des preuves.
Un levier pour un plan de redressement sous pression
Ce programme ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans une séquence de réformes plus large, appuyée notamment par le Fonds Monétaire International (FMI) qui a salué l’adoption récente d’un « plan de redressement de la Jirama ». Le PforR devient ainsi le bras armé financier de ce plan, un levier puissant pour « accélérer les correctifs de gouvernance et la fiabilité du service ». L’objectif est double : sécuriser l’approvisionnement électrique du pays et, surtout, limiter la pression insoutenable que la Jirama exerce sur le budget de l’État.
Le vrai défi : passer du cadre à l’action
Si le cadre technique et organisationnel est désormais défini, le plus dur commence. La prochaine étape consistera à formaliser les indicateurs de performance précis qui débloqueront les fonds : amélioration de la gouvernance, continuité du service, assainissement financier, réduction des pertes techniques et commerciales. Le succès de ce programme dépendra entièrement de la capacité et de la volonté politique de la Jirama et de sa tutelle à atteindre ces cibles. Le message des partenaires financiers est sans ambiguïté : l’argent est disponible, mais il ne sera plus un dû. Il faudra désormais le gagner.
