De Mombasa à Dar es Salam, l’Afrique de l’Est connaît une transformation silencieuse mais profonde. Ports agrandis, corridors routiers modernisés, lignes ferroviaires flambant neuves : la logistique s’impose désormais comme le moteur central de la croissance régionale. Pour le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda ou encore l’Ethiopie, mieux connecter les territoires est devenu une priorité économique et stratégique.
Située au carrefour de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie, la région mise sur sa façade maritime pour dynamiser le commerce. Les ports de Mombasa et de Dar es Salam ne desservent plus seulement leurs pays, mais alimentent aussi plusieurs Etats enclavés. L’objectif est clair : réduire les coûts, accélérer les échanges et attirer les investissements.
Ces infrastructures ont déjà amélioré les délais de transport et soutenu l’essor du commerce régional. Elles créent également des emplois, notamment dans les secteurs du transport, de la manutention et des services portuaires. Pour de nombreux acteurs économiques, la logistique représente une opportunité concrète d’intégration aux marchés régionaux et mondiaux.
Les infrastructures ne créent de la richesse que lorsqu’elles sont reliées à une vision de développement inclusif.
Ngozi Okonjo-Iweala – Discours sur le commerce et le développement en Afrique (OMC / conférences internationales)
Mais cette course à la modernisation a un revers. Le financement massif par l’endettement public inquiète, tandis que les impacts environnementaux et sociaux – artificialisation des littoraux, tensions foncières, déplacements de populations – restent souvent en arrière-plan. Par ailleurs, la concurrence entre ports et corridors nationaux interroge la cohérence de l’intégration régionale.
Si la logistique est devenue la colonne vertébrale de l’Afrique de l’Est, elle demeure fragile. Son avenir dépendra de sa capacité à créer une valeur durable, au service des économies locales et des populations, et non seulement des flux commerciaux internationaux.
En résumé, ports, routes et rails ne sont pas une fin en soi. Ils n’ont de sens que s’ils servent les économies locales, l’emploi et la transformation sur place. Sans cela, l’Afrique de l’Est risque de devenir un simple couloir de transit dans une économie mondialisée qui passe… sans s’arrêter.

