À Lagos, la mode nigériane réinvente le luxe à travers ses racines. Kanyinsola Onalaja, jeune créatrice à la vision singulière, fait briller l’Afrique sur les podiums internationaux. Entre héritage culturel et inclusivité, elle incarne une nouvelle génération de stylistes africains fiers, libres et sans compromis.
L’Éclat d’une étoile Africaine
Des robes perlées, des broderies de sequins aux mille reflets, des silhouettes sculptées dans des tissus qui racontent des histoires. Le défilé de Kanyinsola Onalaja a ouvert la Fashion Week de Lagos dans une explosion de couleurs et de symboles. Sur le podium, les mannequins portaient les marques d’une Afrique réinventée : des motifs inspirés des scarifications traditionnelles, des textures audacieuses et un sens du détail à la fois ancestral et moderne.
À seulement 33 ans, la créatrice anglo-nigériane est devenue l’un des visages les plus prometteurs du luxe africain. Formée à Rome, installée à Londres, elle continue de puiser son énergie dans les racines de son Nigeria natal. « La femme Onalaja est forte, résiliente, et surtout unique », confie-t-elle.
Le Patrimoine comme Fil d’or
Mi-Yoruba, mi-Edo, Kanyinsola Onalaja revendique un attachement viscéral à la culture nigériane. Sa démarche artistique repose sur une idée simple : moderniser le patrimoine sans le trahir. Elle revisite ainsi l’adiré, ce tissu traditionnel teint à l’indigo par les artisans yorubas, pour lui donner une texture « tridimensionnelle » et un éclat contemporain.
Je prends les traditions avec lesquelles nous avons grandi et je leur donne une nouvelle vie.
Dans chacune de ses pièces, l’histoire du Nigeria se mêle à la sophistication des coupes italiennes et à la rigueur londonienne. Un dialogue entre passé et futur, entre artisanat et haute couture.
Lagos, Capitale du Style africain
La Lagos Fashion Week, aujourd’hui dans sa quinzième édition, s’impose comme le plus grand rendez-vous de la mode africaine. Véritable vitrine du dynamisme créatif du continent, elle attire des créateurs du Ghana, d’Afrique du Sud ou encore du Kenya. Mais c’est bien le Nigeria qui domine la scène, fort de son industrie textile florissante et de ses talents qui séduisent désormais Hollywood et les tapis rouges du monde entier.
En 2025, les créations africaines ont fait une entrée remarquée au Met Gala : Diana Ross portait une robe du créateur nigérian Ugo Mozie, tandis que Tems, Burna Boy et Ayra Starr arboraient les créations du Britannico-Ghanéen Ozwald Boateng. L’Afrique ne suit plus les tendances : elle les dicte.
Une mode Inclusive et Audacieuse
Au-delà du glamour, Kanyinsola Onalaja mène un combat personnel : celui de l’inclusivité. Sa marque propose des tailles allant du XS au 4XL, avec des tissus légèrement extensibles, pensés pour toutes les morphologies. « J’ai longtemps eu du mal à trouver des vêtements qui me mettaient en valeur », confie-t-elle.
Aujourd’hui, je veux que chaque femme, quelle que soit sa taille ou son âge, se sente belle et puissante.
Kanyinsola Onalaja
Cette démarche s’inscrit dans une tendance mondiale qui place la diversité et l’authenticité au cœur du luxe. Chez Onalaja, les podiums se peuplent de femmes réelles : jeunes, mûres, minces ou voluptueuses. Une révolution douce, mais déterminée, dans un univers longtemps dominé par la standardisation.
La fierté Retrouvée
La reconnaissance internationale ne l’a pas détournée de son essence. Dix ans après la création de sa marque, Kanyinsola Onalaja n’essaie plus de « rentrer dans le moule ». Elle assume sa singularité, sa culture et ses contrastes.
« J’assume pleinement mon héritage, avec tout ce qu’il comporte de chaos, de beauté, de couleurs et de vitalité », dit-elle, sourire aux lèvres.
Dans un monde où les marques cherchent leur identité, Onalaja offre un message clair : l’avenir de la mode sera africain, ou ne sera pas.

