Le ministre du Commerce du Lesotho, Mokhethi Shelile, a annoncé ce mercredi, lors d’une conférence de presse, que des législateurs américains avaient promis une prolongation d’un an de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Cette déclaration, faite au retour d’une visite à Washington du 15 au 19 septembre, offre une lueur d’espoir à des dizaines de pays africains dont l’accès préférentiel au marché américain, qui expire le 30 septembre, est devenu très incertain.
Ils ont tous convenu que l’AGOA devait être prolongé et nous ont promis que d’ici novembre ou décembre au plus tard, il le serait pour un an. — Mokhethi Shelile, Ministre du Commerce du Lesotho
Cependant, cet optimisme reste à confirmer officiellement par les États-Unis. À ce jour, aucune confirmation publique n’a émané de la Maison-Blanche. Plus significatif, un porte-parole d’un membre de rang Démocrate de la commission des Finances du Sénat, un organe clé dans le processus, a déclaré à Reuters que « l’administration Trump n’a pas informé les Démocrates de la commission de sa position sur le renouvellement de l’AGOA ». Le renouvellement de l’accord dépend d’un vote du Congrès, un processus législatif qui n’est pas encore enclenché.
Cette incertitude maintient une pression immense sur des économies comme celle du Lesotho. Le petit royaume montagneux, dont le modèle de développement repose sur son industrie textile, a été durement frappé par les tarifs douaniers imposés en avril par l’administration Trump. Si ces tarifs ne sont pas légalement liés à l’expiration de l’AGOA, ils ont été perçus comme un signal politique extrêmement négatif. Selon le Tralac Trade Law Centre, le secteur textile représente la grande majorité des exportations du Lesotho et une part vitale de son emploi formel.
Les entreprises bénéficiant de l’AGOA, au Lesotho comme au Kenya ou en Eswatini, ont prévenu que tout retard dans le renouvellement de l’accord risquait de provoquer des fermetures d’usines et des pertes d’emplois massives. La déclaration du ministre du Lesotho est le signal le plus positif à ce jour, mais l’absence de confirmation de l’exécutif américain maintient l’ensemble du continent dans l’attente d’une décision cruciale pour des millions d’emplois.
