L’appel à manifestation d’intérêt lancé par l’Unité de Gouvernance Digitale (UGD) de Madagascar n’est pas un simple appel d’offres technique. C’est le signal d’une accélération décisive dans l’un des projets de modernisation les plus structurants du pays : le projet PRODIGY. En cherchant un partenaire de haut vol pour déployer sa plateforme nationale d’interopérabilité, Madagascar ne vise rien de moins que la construction d’un État numérique moderne, efficace et au service de tous ses citoyens.
Le choix stratégique de l’excellence : le modèle « X-Road »
Le cahier des charges de l’appel d’offres révèle une ambition de classe mondiale. Les candidats doivent justifier d’une expérience réussie dans le déploiement de plateformes basées sur la technologie « X-Road ou son équivalent ». Ce détail est crucial : X-Road est la colonne vertébrale open-source qui a fait le succès de « e-Estonia », le modèle de gouvernance numérique le plus avancé au monde. En choisissant cette voie, Madagascar ne part pas d’une feuille blanche. Le pays fait le choix stratégique d’adopter une fondation technologique éprouvée, sécurisée et reconnue pour son efficacité, afin de bâtir son propre écosystème. C’est un raccourci vers l’excellence.
Plus qu’une technologie, un écosystème de confiance
Soutenu par la Banque Mondiale via son Association Internationale de Développement (IDA), le projet PRODIGY vise à créer un « écosystème sécurisé et de confiance, accessible aux acteurs publics et privés ». L’objectif est de briser les silos administratifs. Demain, grâce à cette plateforme, les différents ministères, les agences publiques, mais aussi les banques ou les assurances, pourront échanger des données de manière fluide et sécurisée. Pour le citoyen malgache, la promesse est immense : la fin des files d’attente, des démarches administratives redondantes et la possibilité d’accéder à une multitude de services (déclarer une naissance, ouvrir un compte en banque, consulter son dossier médical) depuis son téléphone. C’est une vision qui place le citoyen au centre et l’administration à son service.
Une ambition soutenue au plus haut niveau
La mise en place d’un tel système est un marathon, pas un sprint. La récente extension du projet jusqu’en juin 2026 témoigne non pas d’un échec, mais d’un réalisme et d’un engagement durable de la part du gouvernement et de la Banque Mondiale pour mener à bien cette transformation complexe. La recherche d’un cabinet de conseil de premier plan, sélectionné sur la base de la qualité et du coût, confirme cette volonté de ne pas brûler les étapes. Madagascar ne se contente pas de construire une plateforme technique ; le pays est en train de poser les fondations numériques de sa prospérité et de son inclusion pour les décennies à venir.

